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Déc
13

Organisation de Stages — Complément Pédagogique

I. Introduction

Organiser un stage, à l’instar de toute manifestation sportive, représente une somme de temps, de travail, un budget, du stress… Alors, pourquoi s’embarrasser de ce surcroît de charges ?
Un responsable de club, un instructeur, doit déjà le plus souvent assurer et gérer des cours hebdomadaires, qui eux-mêmes s’ajoutent généralement à une activité professionnelle principale.

Pourtant après quatre saisons à diriger et animer le club AWTEA de Montpellier, je réalise que l’organisation de stages fait partie intégrante de la construction, de la planification, de ma saison. Une ‘stratégie’ qui s’affirme et s’affine un peu plus chaque année. Il convenait donc que je m’interroge sur cette démarche, presque addictive…

Le présent article va tenter de développer plusieurs réponses à cette question, pourquoi organiser des stages ? Ou pour être précis, pourquoi j’organise des stages ? Ce qui passera forcément par l’étude du comment.

Tentons d’abord de nous accorder sur la définition de notre sujet. Et voyons dans un premier temps ce qu’en dit le dictionnaire Larousse :

Stage n.m. (latin médiéval stagium, de l’ancien français estage, séjour). 1. Période d’études pratiques exigée des candidats à l’exercice de certaines professions libérales ou publiques. 2. Période pendant laquelle une personne exerce une activité temporaire dans une entreprise ou suit des cours en vue de sa formation.

Nous retiendrons, les mots : séjour, période, études pratiques, temporaire et formation. Dans la définition du stage, les notions de lieu (de déplacement physique, de changement d’environnement), de temps (limité) et de formation sont donc essentielles.
Pour le cas qui nous intéresse, voici donc les contours de notre sujet : un stage est un événement fixé à une date précise, pour une durée particulière, dans un lieu donné où un intervenant extérieur, vient proposer un enseignement sur une thématique ou des thématiques précises en vue d’apporter aux stagiaires un complément de formation.

La participation à un (des) cours hebdomadaires étant déjà en soi une formation pratique, nous nous intéresserons particulièrement à ce qui distingue le stage au niveau pédagogique, et à en souligner les atouts.
Un certain nombre de pratiquants et d’enseignants s’accordent sur l’idée que la participation à un stage équivaut à plusieurs semaines de cours hebdomadaires. Si cette assertion est exacte il y a très certainement là un apport évident pour les participants. Mais celui-ci est-il équivalent pour les élèves et pour les instructeurs de l’école… ?

II. Stages : Un Intervenant Extérieur

Le but d’organiser un stage est essentiellement d’apporter aux participants (d’amener jusqu’à eux) une compétence supérieure (haut gradé) ou différente (autre style), voire les deux. C’est ce qui fait l’attrait du stage… le nom en haut de l’affiche, comme chante Charles Aznavour.

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Une ‘pointure’

On a donc un premier élément qualitatif évident. Le stage est l’occasion de travailler avec ‘une pointure’.
Il, ou elle, peut être le fondateur de l’école, un champion médaillé, un haut gradé reconnu, un expert en titre… Autant d’éléments que l’organisateur mettra, plus ou moins subtilement, en avant :

Guro Thomas Roussel, Kali Eskrima Full Instructor / Champion du Monde / double Champion d’Europe World Eskrima Kali Arnis Federation / Expert Fédéral AMSEA / 5e Dan FFKDA

Sifu Fabrice, Directeur Technique National Ecoles AWTEA, Professeur Kali Eskrima, Technicien Wing Tsun Kung Fu

Michel Rozzi, Instructeur Senior Jeet Kune Do & Kali Eskrima, Expert Fédéral AMSEA, 4e Dan FFKDA

Ces instructeurs chevronnés apportent, par leur expérience et leur niveau, une compétence, une technicité qui ne sont normalement pas disponibles au sein de l’école. Le contenu du stage en est donc valorisé.
Leur maîtrise de leur art leur permet d’aborder et de développer des exercices et des sujets que les instructeurs ‘locaux’ ne connaissent pas ou évitent d’enseigner, car ne se les ayant pas encore appropriés. Le stage est alors une opportunité de ‘voir au-delà’.

Un professeur d’un autre style

C’est aussi une opportunité de ‘voir ailleurs’.

Lors de ma participation à un stage fédéral, j’avais été marqué par la définition du Shu-Ha-Ri explicitée par Senseï Hiroo Mochizuki. Il insistait notamment sur le Ha, la nécessité pour progresser dans sa propre pratique de regarder ce qu’il y a autour, de s’ouvrir, de sortir de sa coquille.

En un temps où fleurissent les écoles et les arts martiaux qui se définissent comme ‘complet’, ‘meilleur’, ‘plus efficace’… il est aussi bon de s’injecter une dose d’humilité.

C’est pourquoi il me semble important d’offrir à nos élèves l’occasion de découvrir d’autres styles/disciplines, parfois parentes comme le Jeet Kune Do ou le Silat, ou transversales comme l’étude des Chin Na.
Nous avons notamment intégré à notre saison une série de huit ateliers annuels animés par Philippe Arellano, professeur de Kung Fu Shaolin et Tai Ji Quan, sur le thème des Chin Na, techniques de saisies et de contrôles qui peuvent s’adapter à notre pratique du Wing Tsun.

On peut parfaitement envisager d’étendre cette ouverture vers la découverte d’autres disciplines orientées self-defense comme le Krav Maga, le Systema, ou la Canne Irlandaise… ou de disciplines ‘adaptées’, notamment orientées vers un public souffrant d’un handicap.

Une pédagogie différente

Cet enseignant invité apporte donc un contenu différent, mais pas seulement, il dispose et propose aussi sa pédagogie, sa propre façon de construire et d’exprimer l’enseignement de son art.
Outre la technicité et les corrections qui seront plus élevées, plus détaillées — le fond —, il en va de même pour l’expression et la présentation — la forme. Et cette confrontation à une pédagogie différente, notamment de la routine bien rodée du cours hebdomadaire, peut dérouter comme éclairer.

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Ainsi ce n’est pas uniquement la nouveauté qui prend valeur, mais l’exercice habituel qui, abordé sous un autre angle, avec d’autres mots, prend de nouvelles couleurs, pose de nouvelles problématiques ou s’offre entièrement après ne s’être que, si souvent, laissé approché.

III. Stages : Un Format

La plupart d’entre nous sommes aujourd’hui rodés, en tant qu’élève puis en tant qu’enseignant, à un cours d’une durée comprise entre 1 heure et 2 heures, avec un schéma assez consensuel : échauffement/condition physique — corps principal — fin de cours. Ce cours sera d’ailleurs l’occasion de d’aborder un thème sous l’angle de trois ou plus exercices.
Le format d’un stage apporte une problématique pédagogique différente.

Une durée ‘étendue’

Un premier réflexe est de prévoir un stage long… après tout vous faites déplacer une ‘pointure’, c’est pour en profiter ! Mais évidemment cela ne se pose pas en termes aussi simples.

Cette durée dépend de plusieurs paramètres : la disponibilité de l’intervenant, la disponibilité de la salle et les moyens financiers engagés. D’ailleurs, ces deux derniers éléments étant plus du ressort de l’organisateur, c’est souvent lui qui fixe le format du stage — ce qui induit une adaptation de l’intervenant. C’est à dire que la construction de son programme n’est pas de son seul fait mais doit tenir compte du créneau fixé pour le stage par l’organisateur, tout comme il devra tenir compte du public concerné et des attentes de l’organisateur.

Entre 3 heures et 8 heures, sur une demi-journée ou deux jours (voire une semaine), avec parfois une coupure déjeuner, le stage se présente sous des formats variés, presque tous différents du cours hebdomadaire. On distinguera d’ailleurs par le terme atelier, le stage dont le format s’apparente à celui d’un cours.

Cet état de fait implique une construction différente, tenant compte de l’intensité de l’effort, de la concentration et de l’intérêt à conserver chez les participants. Enchaîner six heures de stage intensif avec un légère pause pour se sustenter est possible… pas toujours souhaitable.
Avec l’expérience, un bon compromis est un format de 2×4 heures réparties sur 2 jours. On peut ainsi proposer un travail varié, approfondi, sans atteindre un seuil de saturation qui ferait perdre aux participants leur investissement dans l’effort et leur concentration. La coupure nocturne permet aussi une meilleure acquisition des techniques travaillées.

Une variété de thèmes

Ce format ‘étendu’ permet de proposer lors d’un même stage plusieurs thématiques. Tel un enchaînement de plusieurs cours, l’on va pouvoir optimiser la présence de l’intervenant qualifié.
Comme nous l’avons abordé plus haut, cette programmation répond généralement à une demande de l’organisateur. Lors de la phase de préparation du stage, une fois le créneau horaire établi, mon invité me demande si j’ai une idée des sujets que je souhaite voir traités. Le stage, loin d’être un événement isolé, s’inscrit dans une saison sportive et ses cycles. Selon la période de l’année où il va se dérouler, et donc l’avancement du programme, selon le public plus ou moins large auquel il va s’adresser, selon les sujets déjà traités lors de stages précédents, la réponse pourra grandement varier. Le format du stage permet en effet une souplesse et de s’adapter à l’envie ou aux besoins du club.

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Ainsi, on peut concevoir un stage comme un zakouski, un stage ‘dégustation’ permettant de découvrir les différentes facettes de l’art d’un instructeur et de s’essayer aux différents aspects d’une discipline.
Ou, l’on peut recentrer sur un seul sujet afin de l’approfondir, éventuellement de l’aborder sous plusieurs angles. Ce sera notamment le cas de stages qui visent à une préparation de passage de grade ou de compétition, et s’adressent généralement à un public plus averti.
Je noterai notamment que si la première forme fut durant les deux premières années plébiscité par les participants, la demande est aujourd’hui plus orientée vers la seconde forme, signe certain d’une évolution en technicité de ces mêmes participants. De curieux, ils deviennent exigeants.

IV. Stages : Une Ouverture

Nous l’avons vu, un stage est l’occasion de s’essayer à une discipline différente et d’accueillir un professeur et son assistant venus d’une autre école. Ouverture donc, du club et des participants vers une pratique différente, et vers des enseignants. Une ouverture qui se conçoit dans les deux sens.
D’abord par le fait d’accepter l’invitation. Cela peut paraître anodin — on pourrait en effet penser que seuls les notions d’ego ou d’argent entrent en jeu ici. Pourtant, tous ces instructeurs insistent sur leur choix de venir travailler avec nous, et de revenir, pour l’esprit et l’ambiance que nous donnons à ces événements.
Ensuite, si les participants doivent, par rapport à leur pratique usuelle, s’adapter au travail et à la méthode de travail proposée, de même l’intervenant adapte son programme, sa méthode et son discours.
Un exemple flagrant est celui de Sifu Philippe Arellano. Ce professeur de shaolin, disciple de maître Shi De Cheng, avait eu l’occasion de nous proposer lors de la saison 2011-2012 deux stages d’initiation aux techniques de Chin Na. Pour la saison 2012-2013 nous avons choisi d’étendre notre collaboration et opté tous deux pour une série d’ateliers mensuels et progressifs. Sifu Philippe a alors demandé à l’un de élèves, pratiquant aussi le Wing Chun, de l’assister pour préparer chacun de ces ateliers. Il présente ainsi au groupe de nos élèves qui suit ses stages, un travail de Chin Na adapté à leur forme de corps, faisant fréquemment référence aux techniques que nous enseignons et à nos Taos spécifiques.
S’adapter au public, faire référence aux techniques qu’il connaît pour établir des ponts avec leur enseignement est une facilité qui vient à tous les instructeurs qui nous visitent.
Faisant preuve généralement d’une grande culture martiale, et sans dénaturer les exercices proposés, ils n’hésitent pas à compléter leurs explications en utilisant un vocabulaire (et l’on sait l’importance de la terminologie dans chaque art martial) plus familiers aux participants, et pas seulement pratiquant de Wing Tsun, mais aussi de Karaté, Tai Jitsu, ou Qwan Ki Do…

Car le principe du stage ‘ouvert’ est aussi d’accueillir tous les pratiquants, confirmés ou débutants qui souhaitent profiter de ce moment privilégié de formation et d’échange.
Bien sûr tous les stages ne peuvent pas être ouverts. Mais, en faisant exception des stages instructeurs et des passage de grade, j’ai souhaité que l’accès aux événements que nous organisons ne se limite pas aux seuls membres du club. C’est ainsi que régulièrement nous accueillons des représentants d’autres disciplines comme le Pencak Silat, le Krav Maga, le Qwan Ki Do, l’Aito, le Yoseikan Budo, le Jeet Kune Do ou le Shaolin Kung Fu…
A cela s’ajoutent les membres et instructeurs des autres écoles AWTEA qui participent régulièrement à nos stages, particulièrement en provenance de Perpignan ou Toulouse.
C’est aujourd’hui près d’un tiers des participants de chacun de nos stages qui est extérieur au club de Montpellier, soit près de 8 personnes sur une moyenne de 24.
Si leur présence participe de la réussite de l’événement en terme proprement quantitatif, ils sont aussi une richesse qualitative. D’autant que force est de constater que la plupart sont des instructeurs reconnus de leur propre discipline. Le temps du stage devient alors un moment d’échanges. Autour d’un travail commun, souvent nouveau pour les deux partenaires, ils vont apprendre à se connaître et à apprécier une forme de corps différente, une utilisation spécifique de la souplesse ou de la force, comparer et partager. L’acquisition des connaissances ne se limite pas alors à celles apportées par l’intervenant principal, mais aussi à celles nées de ces rencontres, humaines et martiales.

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Le monde fermée de l’école, avec son risque de culture de l’illusion et de l’ego, à trop pratiquer seulement entre nous, s’ouvre et se confronte à l’extérieur. Il se montre et se dévoile aussi, en confiance, gagnant humilité et réalisme. Et ce dans un contexte des plus convivial.

V. Apport pour les élèves

On est en droit de s’interroger de la pertinence des stages comme apport supplémentaire à une saison de cours hebdomadaires bien structurés, en partant du présupposé qu’ils le sont.

Participer à un stage est d’après moi un signe de l’investissement de l’élève. Non que l’on puisse aucunement juger les absents, qui ont souvent une bonne raison de ne pouvoir venir. Mais l’élève qui est présent à la majorité des stages fait montre d’une forte volonté d’apprendre et d’une confiance dans l’animation du club. Il accepte de sortir de la ‘routine’ des cours hebdomadaires pour faire des ‘heures supplémentaires’. Et force est de constater que c’est un pari gagnant, car ce sont ces élèves qui progressent le plus vite, mais aussi reconduisent leurs inscriptions d’année en année (un pari gagnant donc aussi pour l’organisateur).

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Le stage est un temps de travail supplémentaire

Il est une opportunité de s’entraîner et de progresser en pratiquant plus.
Mathématiquement tout d’abord, le nombre d’heures de stages proposées est considérable, avec près de 25% du total des heures de formation cette saison.

Mais aussi par son format, il impose un rythme et une immersion dans la pratique et l’art martial plus intense. Le caractère ‘exceptionnel’ du stage permet d’autant plus cet engagement du participant. Et, par cette mobilisation de l’énergie et de la concentration, il induit un temps d’apprentissage optimisé.

Le stage met à la disposition de l’élève un enseignement supérieur

Nous l’avons vu, le choix des intervenants invités se fait sur la base de leur savoir théorique (connaissance de l’art martial, connaissances pédagogiques) et de leur savoir pratique (technicité, forme de corps,…) susceptibles d’être un plus à ce que les instructeurs de l’école peuvent apporter au quotidien.
Ils vont ainsi pouvoir présenter et diriger de nouveaux exercices, verbaliser et démontrer différemment des concepts, compléter et détailler des connaissances déjà acquises.
Cette rencontre et les échanges qui y prennent place sont aussi pour l’élève participant une motivation pour sa pratique et sa progression. Les qualités martiales mais aussi la disponibilité des intervenants sont en cela essentielles.

Le stage est aussi l’occasion de sortir des programmes. A titre exceptionnel, l’élève peut goûter à un travail plus technique que son niveau. Ce qui serait prématuré normalement, devient licite le temps d’une après-midi, correctement dirigé. Cette initiation, cette découverte, en faisant ressentir par la pratique les étapes futures dans l’apprentissage de l’art martial, renforce l’enthousiasme, la patience et la persévérance. La progression par degrés, les répétitions, la frustration parfois de ne pouvoir avoir accès à certains outils sans une forte base préalable (Tao avancé, Mannequin de Bois, Couteau…), se trouvent justifiées, acceptées, par l’aperçu que peut donner le stage. C’est une récréation studieuse.

Le stage, un contexte différent dans le rapport élève/instructeur

Sous la direction d’un intervenant extérieur, élèves et instructeurs de l’école se retrouve souvent à travailler ensemble, à échanger plus librement. Dans un contexte convivial, l’élève dispose alors de cet ‘aîné’ pour lui tout seul. Il bénéficie de ses conseils et de son aide pour résoudre, en équipe, le problème commun posé par un exercice inconnu ou non maîtrisé.
Sur certains thèmes, il pourra aussi se tester contre son instructeur, ou faire partie de son équipe. Le stage ‘Initiation Stickfighting Sportif’ en fut notamment l’occasion. On retrouve un peu là l’esprit des matchs élèves/professeurs qui clôturaient nos années scolaires, participant du maintien de la bonne ambiance et de la cohésion de l’école.

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Le stage offre l’occasion d’accueillir d’autres pratiquants

Cette ouverture, occasion d’un échange riche et profitable, participe de l’évolution de l’élève.
Après avoir intégré un groupe, s’être habitué à travailler avec ses partenaires au sein de son école — avec tous les paramètres de confiance et de respect que nécessitent nos pratiques faites de contacts physiques — on crée une ‘brèche de sécurité’ en invitant de nouveaux joueurs dans notre espace. Mais c’est une brèche maîtrisée, dans un contexte toujours sûr, qui permet facilement d’aller vers l’autre, de découvrir ses différences et ses similitudes, et de se découvrir soi-même. Ainsi, les élèves pourront-ils plus aisément faire la démarche inverse, et aller aux stages organisés par d’autres écoles ou stages fédéraux, et sortir du nid pour mieux grandir.

Nos stages sont aussi le moment privilégié de l’établissement et du renforcement de liens avec élèves et instructeurs des autres écoles AWTEA. L’appartenance à une même structure devient alors concrète. Les échanges entre écoles tout au long de la saison s’en trouvent améliorés et nos élèves n’hésitent pas à rendre visite à nos camarades lors de déplacements ou de déménagements, certains d’y trouver une communauté de pédagogie et d’ambiance.

VI. Apport pour les instructeurs

Par beaucoup d’aspects, les instructeurs de l’école bénéficient des éléments déjà évoqués. Néanmoins, il me semble nécessaire d’en détailler certains.

Formation Technique

Bien qu’ils ne soient pas tous assidus, une école de 80 élèves mobilise énormément l’énergie et l’attention de l’encadrement, lui laissant peu d’espaces pour sa pratique personnelle. Le temps du stage offre l’occasion de redevenir élève. D’abord parce qu’un autre est en charge. Ensuite parce que cet intervenant est à même de proposer un matériel nouveau ou du niveau de progression de l’instructeur.
L’investissement croissant de mon équipe et son besoin d’acquérir plus de techniques, d’enrichir leur pratique, pour mieux répondre au défi posé par une demande toujours plus importante des élèves, m’a amené depuis 2012 à organiser des sessions spécifiques pour les instructeurs.

Formation Pédagogique

Mais, même lors d’un stage plus classique, l’instructeur, ne se positionne pas seulement en tant que pratiquant mais aussi en tant qu’enseignant. Fort de sa meilleure connaissance de l’art, il est dans l’observation et l’acquisition de techniques, d’exercices. Il enrichit ainsi sa palette.
Mieux encore, il profite de l’expérience d’un professeur plus aguerri. On est aussi là dans l’observation et l’acquisition de pédagogie.

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C’est d’autant plus vrai, quand il doit assurer le rôle d’assistant de l’intervenant. Il est alors au cœur de la pédagogie, tout en mobilisant une grande capacité de concentration et d’adaptation. Objet d’attention, il doit correctement servir un exercice dont il découvre le déroulé au fur et à mesure. C’est évidemment une expérience très formatrice et enrichissante.

L’organisateur

Soucieux d’atteindre l’ensemble de ces objectifs, la réflexion sur les stages qui vont être proposés tout au long de la saison s’engage dès la saison précédente. Il ne s’agit pas seulement de l’opportunité d’inviter tel ou tel professeur confirmé, mais bien d’intégrer les stages dans l’ensemble du programme de l’année sportive.
Les paramètres budgétaires, de rythme, de fréquentation (vacances, compétitions nationales, etc…) et surtout d’harmonisation avec les cycles des cours sont à prendre en compte.
En tant qu’organisateur je dois donc considérer les stages comme des éléments à disposer avec discernement dans les cycles pédagogiques de l’école. Ils sont à part entière des outils que je dois optimiser. Je vais par exemple placer un stage à la charnière entre un sous-cycle ‘développement des Acquis’ et un sous-cycle ‘Enrichissement des Acquis’.
On l’a vu, le format du stage et son contenu font aussi partie de mes prérogatives. Tel un traiteur, l’invité me consulte sur ce que je souhaite servir à mes convives. Je suis donc associé pleinement au processus de construction pédagogique du stage. Ce qui pousse plus loin encore la réflexion sur la pertinence des thèmes qui vont être travaillés par rapport à l’avancement de la saison, tout en tenant compte des différents niveaux d’élèves présents.

Je bénéficie bien sûr grandement de ce travail dans mon apprentissage continu en tant qu’instructeur. L’organisation des stages m’oblige à avoir une vision globale de l’école et à faire une évaluation régulière de ses besoins, tant récréatifs que techniques.

VII. Apports pour le Club

Un club vivant

Nos disciplines se prêtent peu aux compétitions. La Coupe de France de Kali Eskrima organisée en mai 2013 par la FFKDA fut une première en France. Cet état de fait est peu propice à la confrontation, amicale et sportive, à l’extérieur.
L’organisation de stages est une solution concrète pour sortir de cet enfermement, qui rend l’école, à terme, statique.
les stages participent de la vitalité du club : en permettant aux instructeurs de se former régulièrement, et donc en enrichissant le matériel disponible ; en apportant de la variété, en ponctuant les rythmes des cours ; en s’ouvrant vers des rencontres et des échanges…
Ils font partie de l’animation du club et en donnent une image positive tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Une visibilité nationale

De stage en stage, la notoriété du club augmente. La qualité de son accueil et de son organisation, la motivation et l’enthousiasme des participants, sont aujourd’hui reconnus. Ce qui nous permet d’établir des contacts avec de plus en plus d’intervenants potentiels mais aussi de clubs, susceptibles de venir nous visiter à ces occasions.
Chacun de ces événements est une occasion d’apparaître sur les forums consacrés aux arts martiaux, les sites spécialisés, et les sites fédéraux.
Les compte-rendus et photos du stage viennent ensuite enrichir notre site internet, participant de son succès.

Les stages forment donc aussi une excellente publicité pour le club.

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