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Déc
13

Organisation de Stages — Complément Pédagogique

I. Introduction

Organiser un stage, à l’instar de toute manifestation sportive, représente une somme de temps, de travail, un budget, du stress… Alors, pourquoi s’embarrasser de ce surcroît de charges ?
Un responsable de club, un instructeur, doit déjà le plus souvent assurer et gérer des cours hebdomadaires, qui eux-mêmes s’ajoutent généralement à une activité professionnelle principale.

Pourtant après quatre saisons à diriger et animer le club AWTEA de Montpellier, je réalise que l’organisation de stages fait partie intégrante de la construction, de la planification, de ma saison. Une ‘stratégie’ qui s’affirme et s’affine un peu plus chaque année. Il convenait donc que je m’interroge sur cette démarche, presque addictive…

Le présent article va tenter de développer plusieurs réponses à cette question, pourquoi organiser des stages ? Ou pour être précis, pourquoi j’organise des stages ? Ce qui passera forcément par l’étude du comment.

Tentons d’abord de nous accorder sur la définition de notre sujet. Et voyons dans un premier temps ce qu’en dit le dictionnaire Larousse :

Stage n.m. (latin médiéval stagium, de l’ancien français estage, séjour). 1. Période d’études pratiques exigée des candidats à l’exercice de certaines professions libérales ou publiques. 2. Période pendant laquelle une personne exerce une activité temporaire dans une entreprise ou suit des cours en vue de sa formation.

Nous retiendrons, les mots : séjour, période, études pratiques, temporaire et formation. Dans la définition du stage, les notions de lieu (de déplacement physique, de changement d’environnement), de temps (limité) et de formation sont donc essentielles.
Pour le cas qui nous intéresse, voici donc les contours de notre sujet : un stage est un événement fixé à une date précise, pour une durée particulière, dans un lieu donné où un intervenant extérieur, vient proposer un enseignement sur une thématique ou des thématiques précises en vue d’apporter aux stagiaires un complément de formation.

La participation à un (des) cours hebdomadaires étant déjà en soi une formation pratique, nous nous intéresserons particulièrement à ce qui distingue le stage au niveau pédagogique, et à en souligner les atouts.
Un certain nombre de pratiquants et d’enseignants s’accordent sur l’idée que la participation à un stage équivaut à plusieurs semaines de cours hebdomadaires. Si cette assertion est exacte il y a très certainement là un apport évident pour les participants. Mais celui-ci est-il équivalent pour les élèves et pour les instructeurs de l’école… ?

II. Stages : Un Intervenant Extérieur

Le but d’organiser un stage est essentiellement d’apporter aux participants (d’amener jusqu’à eux) une compétence supérieure (haut gradé) ou différente (autre style), voire les deux. C’est ce qui fait l’attrait du stage… le nom en haut de l’affiche, comme chante Charles Aznavour.

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Une ‘pointure’

On a donc un premier élément qualitatif évident. Le stage est l’occasion de travailler avec ‘une pointure’.
Il, ou elle, peut être le fondateur de l’école, un champion médaillé, un haut gradé reconnu, un expert en titre… Autant d’éléments que l’organisateur mettra, plus ou moins subtilement, en avant :

Guro Thomas Roussel, Kali Eskrima Full Instructor / Champion du Monde / double Champion d’Europe World Eskrima Kali Arnis Federation / Expert Fédéral AMSEA / 5e Dan FFKDA

Sifu Fabrice, Directeur Technique National Ecoles AWTEA, Professeur Kali Eskrima, Technicien Wing Tsun Kung Fu

Michel Rozzi, Instructeur Senior Jeet Kune Do & Kali Eskrima, Expert Fédéral AMSEA, 4e Dan FFKDA

Ces instructeurs chevronnés apportent, par leur expérience et leur niveau, une compétence, une technicité qui ne sont normalement pas disponibles au sein de l’école. Le contenu du stage en est donc valorisé.
Leur maîtrise de leur art leur permet d’aborder et de développer des exercices et des sujets que les instructeurs ‘locaux’ ne connaissent pas ou évitent d’enseigner, car ne se les ayant pas encore appropriés. Le stage est alors une opportunité de ‘voir au-delà’.

Un professeur d’un autre style

C’est aussi une opportunité de ‘voir ailleurs’.

Lors de ma participation à un stage fédéral, j’avais été marqué par la définition du Shu-Ha-Ri explicitée par Senseï Hiroo Mochizuki. Il insistait notamment sur le Ha, la nécessité pour progresser dans sa propre pratique de regarder ce qu’il y a autour, de s’ouvrir, de sortir de sa coquille.

En un temps où fleurissent les écoles et les arts martiaux qui se définissent comme ‘complet’, ‘meilleur’, ‘plus efficace’… il est aussi bon de s’injecter une dose d’humilité.

C’est pourquoi il me semble important d’offrir à nos élèves l’occasion de découvrir d’autres styles/disciplines, parfois parentes comme le Jeet Kune Do ou le Silat, ou transversales comme l’étude des Chin Na.
Nous avons notamment intégré à notre saison une série de huit ateliers annuels animés par Philippe Arellano, professeur de Kung Fu Shaolin et Tai Ji Quan, sur le thème des Chin Na, techniques de saisies et de contrôles qui peuvent s’adapter à notre pratique du Wing Tsun.

On peut parfaitement envisager d’étendre cette ouverture vers la découverte d’autres disciplines orientées self-defense comme le Krav Maga, le Systema, ou la Canne Irlandaise… ou de disciplines ‘adaptées’, notamment orientées vers un public souffrant d’un handicap.

Une pédagogie différente

Cet enseignant invité apporte donc un contenu différent, mais pas seulement, il dispose et propose aussi sa pédagogie, sa propre façon de construire et d’exprimer l’enseignement de son art.
Outre la technicité et les corrections qui seront plus élevées, plus détaillées — le fond —, il en va de même pour l’expression et la présentation — la forme. Et cette confrontation à une pédagogie différente, notamment de la routine bien rodée du cours hebdomadaire, peut dérouter comme éclairer.

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Ainsi ce n’est pas uniquement la nouveauté qui prend valeur, mais l’exercice habituel qui, abordé sous un autre angle, avec d’autres mots, prend de nouvelles couleurs, pose de nouvelles problématiques ou s’offre entièrement après ne s’être que, si souvent, laissé approché.

III. Stages : Un Format

La plupart d’entre nous sommes aujourd’hui rodés, en tant qu’élève puis en tant qu’enseignant, à un cours d’une durée comprise entre 1 heure et 2 heures, avec un schéma assez consensuel : échauffement/condition physique — corps principal — fin de cours. Ce cours sera d’ailleurs l’occasion de d’aborder un thème sous l’angle de trois ou plus exercices.
Le format d’un stage apporte une problématique pédagogique différente.

Une durée ‘étendue’

Un premier réflexe est de prévoir un stage long… après tout vous faites déplacer une ‘pointure’, c’est pour en profiter ! Mais évidemment cela ne se pose pas en termes aussi simples.

Cette durée dépend de plusieurs paramètres : la disponibilité de l’intervenant, la disponibilité de la salle et les moyens financiers engagés. D’ailleurs, ces deux derniers éléments étant plus du ressort de l’organisateur, c’est souvent lui qui fixe le format du stage — ce qui induit une adaptation de l’intervenant. C’est à dire que la construction de son programme n’est pas de son seul fait mais doit tenir compte du créneau fixé pour le stage par l’organisateur, tout comme il devra tenir compte du public concerné et des attentes de l’organisateur.

Entre 3 heures et 8 heures, sur une demi-journée ou deux jours (voire une semaine), avec parfois une coupure déjeuner, le stage se présente sous des formats variés, presque tous différents du cours hebdomadaire. On distinguera d’ailleurs par le terme atelier, le stage dont le format s’apparente à celui d’un cours.

Cet état de fait implique une construction différente, tenant compte de l’intensité de l’effort, de la concentration et de l’intérêt à conserver chez les participants. Enchaîner six heures de stage intensif avec un légère pause pour se sustenter est possible… pas toujours souhaitable.
Avec l’expérience, un bon compromis est un format de 2×4 heures réparties sur 2 jours. On peut ainsi proposer un travail varié, approfondi, sans atteindre un seuil de saturation qui ferait perdre aux participants leur investissement dans l’effort et leur concentration. La coupure nocturne permet aussi une meilleure acquisition des techniques travaillées.

Une variété de thèmes

Ce format ‘étendu’ permet de proposer lors d’un même stage plusieurs thématiques. Tel un enchaînement de plusieurs cours, l’on va pouvoir optimiser la présence de l’intervenant qualifié.
Comme nous l’avons abordé plus haut, cette programmation répond généralement à une demande de l’organisateur. Lors de la phase de préparation du stage, une fois le créneau horaire établi, mon invité me demande si j’ai une idée des sujets que je souhaite voir traités. Le stage, loin d’être un événement isolé, s’inscrit dans une saison sportive et ses cycles. Selon la période de l’année où il va se dérouler, et donc l’avancement du programme, selon le public plus ou moins large auquel il va s’adresser, selon les sujets déjà traités lors de stages précédents, la réponse pourra grandement varier. Le format du stage permet en effet une souplesse et de s’adapter à l’envie ou aux besoins du club.

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Ainsi, on peut concevoir un stage comme un zakouski, un stage ‘dégustation’ permettant de découvrir les différentes facettes de l’art d’un instructeur et de s’essayer aux différents aspects d’une discipline.
Ou, l’on peut recentrer sur un seul sujet afin de l’approfondir, éventuellement de l’aborder sous plusieurs angles. Ce sera notamment le cas de stages qui visent à une préparation de passage de grade ou de compétition, et s’adressent généralement à un public plus averti.
Je noterai notamment que si la première forme fut durant les deux premières années plébiscité par les participants, la demande est aujourd’hui plus orientée vers la seconde forme, signe certain d’une évolution en technicité de ces mêmes participants. De curieux, ils deviennent exigeants.

IV. Stages : Une Ouverture

Nous l’avons vu, un stage est l’occasion de s’essayer à une discipline différente et d’accueillir un professeur et son assistant venus d’une autre école. Ouverture donc, du club et des participants vers une pratique différente, et vers des enseignants. Une ouverture qui se conçoit dans les deux sens.
D’abord par le fait d’accepter l’invitation. Cela peut paraître anodin — on pourrait en effet penser que seuls les notions d’ego ou d’argent entrent en jeu ici. Pourtant, tous ces instructeurs insistent sur leur choix de venir travailler avec nous, et de revenir, pour l’esprit et l’ambiance que nous donnons à ces événements.
Ensuite, si les participants doivent, par rapport à leur pratique usuelle, s’adapter au travail et à la méthode de travail proposée, de même l’intervenant adapte son programme, sa méthode et son discours.
Un exemple flagrant est celui de Sifu Philippe Arellano. Ce professeur de shaolin, disciple de maître Shi De Cheng, avait eu l’occasion de nous proposer lors de la saison 2011-2012 deux stages d’initiation aux techniques de Chin Na. Pour la saison 2012-2013 nous avons choisi d’étendre notre collaboration et opté tous deux pour une série d’ateliers mensuels et progressifs. Sifu Philippe a alors demandé à l’un de élèves, pratiquant aussi le Wing Chun, de l’assister pour préparer chacun de ces ateliers. Il présente ainsi au groupe de nos élèves qui suit ses stages, un travail de Chin Na adapté à leur forme de corps, faisant fréquemment référence aux techniques que nous enseignons et à nos Taos spécifiques.
S’adapter au public, faire référence aux techniques qu’il connaît pour établir des ponts avec leur enseignement est une facilité qui vient à tous les instructeurs qui nous visitent.
Faisant preuve généralement d’une grande culture martiale, et sans dénaturer les exercices proposés, ils n’hésitent pas à compléter leurs explications en utilisant un vocabulaire (et l’on sait l’importance de la terminologie dans chaque art martial) plus familiers aux participants, et pas seulement pratiquant de Wing Tsun, mais aussi de Karaté, Tai Jitsu, ou Qwan Ki Do…

Car le principe du stage ‘ouvert’ est aussi d’accueillir tous les pratiquants, confirmés ou débutants qui souhaitent profiter de ce moment privilégié de formation et d’échange.
Bien sûr tous les stages ne peuvent pas être ouverts. Mais, en faisant exception des stages instructeurs et des passage de grade, j’ai souhaité que l’accès aux événements que nous organisons ne se limite pas aux seuls membres du club. C’est ainsi que régulièrement nous accueillons des représentants d’autres disciplines comme le Pencak Silat, le Krav Maga, le Qwan Ki Do, l’Aito, le Yoseikan Budo, le Jeet Kune Do ou le Shaolin Kung Fu…
A cela s’ajoutent les membres et instructeurs des autres écoles AWTEA qui participent régulièrement à nos stages, particulièrement en provenance de Perpignan ou Toulouse.
C’est aujourd’hui près d’un tiers des participants de chacun de nos stages qui est extérieur au club de Montpellier, soit près de 8 personnes sur une moyenne de 24.
Si leur présence participe de la réussite de l’événement en terme proprement quantitatif, ils sont aussi une richesse qualitative. D’autant que force est de constater que la plupart sont des instructeurs reconnus de leur propre discipline. Le temps du stage devient alors un moment d’échanges. Autour d’un travail commun, souvent nouveau pour les deux partenaires, ils vont apprendre à se connaître et à apprécier une forme de corps différente, une utilisation spécifique de la souplesse ou de la force, comparer et partager. L’acquisition des connaissances ne se limite pas alors à celles apportées par l’intervenant principal, mais aussi à celles nées de ces rencontres, humaines et martiales.

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Le monde fermée de l’école, avec son risque de culture de l’illusion et de l’ego, à trop pratiquer seulement entre nous, s’ouvre et se confronte à l’extérieur. Il se montre et se dévoile aussi, en confiance, gagnant humilité et réalisme. Et ce dans un contexte des plus convivial.

V. Apport pour les élèves

On est en droit de s’interroger de la pertinence des stages comme apport supplémentaire à une saison de cours hebdomadaires bien structurés, en partant du présupposé qu’ils le sont.

Participer à un stage est d’après moi un signe de l’investissement de l’élève. Non que l’on puisse aucunement juger les absents, qui ont souvent une bonne raison de ne pouvoir venir. Mais l’élève qui est présent à la majorité des stages fait montre d’une forte volonté d’apprendre et d’une confiance dans l’animation du club. Il accepte de sortir de la ‘routine’ des cours hebdomadaires pour faire des ‘heures supplémentaires’. Et force est de constater que c’est un pari gagnant, car ce sont ces élèves qui progressent le plus vite, mais aussi reconduisent leurs inscriptions d’année en année (un pari gagnant donc aussi pour l’organisateur).

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Le stage est un temps de travail supplémentaire

Il est une opportunité de s’entraîner et de progresser en pratiquant plus.
Mathématiquement tout d’abord, le nombre d’heures de stages proposées est considérable, avec près de 25% du total des heures de formation cette saison.

Mais aussi par son format, il impose un rythme et une immersion dans la pratique et l’art martial plus intense. Le caractère ‘exceptionnel’ du stage permet d’autant plus cet engagement du participant. Et, par cette mobilisation de l’énergie et de la concentration, il induit un temps d’apprentissage optimisé.

Le stage met à la disposition de l’élève un enseignement supérieur

Nous l’avons vu, le choix des intervenants invités se fait sur la base de leur savoir théorique (connaissance de l’art martial, connaissances pédagogiques) et de leur savoir pratique (technicité, forme de corps,…) susceptibles d’être un plus à ce que les instructeurs de l’école peuvent apporter au quotidien.
Ils vont ainsi pouvoir présenter et diriger de nouveaux exercices, verbaliser et démontrer différemment des concepts, compléter et détailler des connaissances déjà acquises.
Cette rencontre et les échanges qui y prennent place sont aussi pour l’élève participant une motivation pour sa pratique et sa progression. Les qualités martiales mais aussi la disponibilité des intervenants sont en cela essentielles.

Le stage est aussi l’occasion de sortir des programmes. A titre exceptionnel, l’élève peut goûter à un travail plus technique que son niveau. Ce qui serait prématuré normalement, devient licite le temps d’une après-midi, correctement dirigé. Cette initiation, cette découverte, en faisant ressentir par la pratique les étapes futures dans l’apprentissage de l’art martial, renforce l’enthousiasme, la patience et la persévérance. La progression par degrés, les répétitions, la frustration parfois de ne pouvoir avoir accès à certains outils sans une forte base préalable (Tao avancé, Mannequin de Bois, Couteau…), se trouvent justifiées, acceptées, par l’aperçu que peut donner le stage. C’est une récréation studieuse.

Le stage, un contexte différent dans le rapport élève/instructeur

Sous la direction d’un intervenant extérieur, élèves et instructeurs de l’école se retrouve souvent à travailler ensemble, à échanger plus librement. Dans un contexte convivial, l’élève dispose alors de cet ‘aîné’ pour lui tout seul. Il bénéficie de ses conseils et de son aide pour résoudre, en équipe, le problème commun posé par un exercice inconnu ou non maîtrisé.
Sur certains thèmes, il pourra aussi se tester contre son instructeur, ou faire partie de son équipe. Le stage ‘Initiation Stickfighting Sportif’ en fut notamment l’occasion. On retrouve un peu là l’esprit des matchs élèves/professeurs qui clôturaient nos années scolaires, participant du maintien de la bonne ambiance et de la cohésion de l’école.

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Le stage offre l’occasion d’accueillir d’autres pratiquants

Cette ouverture, occasion d’un échange riche et profitable, participe de l’évolution de l’élève.
Après avoir intégré un groupe, s’être habitué à travailler avec ses partenaires au sein de son école — avec tous les paramètres de confiance et de respect que nécessitent nos pratiques faites de contacts physiques — on crée une ‘brèche de sécurité’ en invitant de nouveaux joueurs dans notre espace. Mais c’est une brèche maîtrisée, dans un contexte toujours sûr, qui permet facilement d’aller vers l’autre, de découvrir ses différences et ses similitudes, et de se découvrir soi-même. Ainsi, les élèves pourront-ils plus aisément faire la démarche inverse, et aller aux stages organisés par d’autres écoles ou stages fédéraux, et sortir du nid pour mieux grandir.

Nos stages sont aussi le moment privilégié de l’établissement et du renforcement de liens avec élèves et instructeurs des autres écoles AWTEA. L’appartenance à une même structure devient alors concrète. Les échanges entre écoles tout au long de la saison s’en trouvent améliorés et nos élèves n’hésitent pas à rendre visite à nos camarades lors de déplacements ou de déménagements, certains d’y trouver une communauté de pédagogie et d’ambiance.

VI. Apport pour les instructeurs

Par beaucoup d’aspects, les instructeurs de l’école bénéficient des éléments déjà évoqués. Néanmoins, il me semble nécessaire d’en détailler certains.

Formation Technique

Bien qu’ils ne soient pas tous assidus, une école de 80 élèves mobilise énormément l’énergie et l’attention de l’encadrement, lui laissant peu d’espaces pour sa pratique personnelle. Le temps du stage offre l’occasion de redevenir élève. D’abord parce qu’un autre est en charge. Ensuite parce que cet intervenant est à même de proposer un matériel nouveau ou du niveau de progression de l’instructeur.
L’investissement croissant de mon équipe et son besoin d’acquérir plus de techniques, d’enrichir leur pratique, pour mieux répondre au défi posé par une demande toujours plus importante des élèves, m’a amené depuis 2012 à organiser des sessions spécifiques pour les instructeurs.

Formation Pédagogique

Mais, même lors d’un stage plus classique, l’instructeur, ne se positionne pas seulement en tant que pratiquant mais aussi en tant qu’enseignant. Fort de sa meilleure connaissance de l’art, il est dans l’observation et l’acquisition de techniques, d’exercices. Il enrichit ainsi sa palette.
Mieux encore, il profite de l’expérience d’un professeur plus aguerri. On est aussi là dans l’observation et l’acquisition de pédagogie.

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C’est d’autant plus vrai, quand il doit assurer le rôle d’assistant de l’intervenant. Il est alors au cœur de la pédagogie, tout en mobilisant une grande capacité de concentration et d’adaptation. Objet d’attention, il doit correctement servir un exercice dont il découvre le déroulé au fur et à mesure. C’est évidemment une expérience très formatrice et enrichissante.

L’organisateur

Soucieux d’atteindre l’ensemble de ces objectifs, la réflexion sur les stages qui vont être proposés tout au long de la saison s’engage dès la saison précédente. Il ne s’agit pas seulement de l’opportunité d’inviter tel ou tel professeur confirmé, mais bien d’intégrer les stages dans l’ensemble du programme de l’année sportive.
Les paramètres budgétaires, de rythme, de fréquentation (vacances, compétitions nationales, etc…) et surtout d’harmonisation avec les cycles des cours sont à prendre en compte.
En tant qu’organisateur je dois donc considérer les stages comme des éléments à disposer avec discernement dans les cycles pédagogiques de l’école. Ils sont à part entière des outils que je dois optimiser. Je vais par exemple placer un stage à la charnière entre un sous-cycle ‘développement des Acquis’ et un sous-cycle ‘Enrichissement des Acquis’.
On l’a vu, le format du stage et son contenu font aussi partie de mes prérogatives. Tel un traiteur, l’invité me consulte sur ce que je souhaite servir à mes convives. Je suis donc associé pleinement au processus de construction pédagogique du stage. Ce qui pousse plus loin encore la réflexion sur la pertinence des thèmes qui vont être travaillés par rapport à l’avancement de la saison, tout en tenant compte des différents niveaux d’élèves présents.

Je bénéficie bien sûr grandement de ce travail dans mon apprentissage continu en tant qu’instructeur. L’organisation des stages m’oblige à avoir une vision globale de l’école et à faire une évaluation régulière de ses besoins, tant récréatifs que techniques.

VII. Apports pour le Club

Un club vivant

Nos disciplines se prêtent peu aux compétitions. La Coupe de France de Kali Eskrima organisée en mai 2013 par la FFKDA fut une première en France. Cet état de fait est peu propice à la confrontation, amicale et sportive, à l’extérieur.
L’organisation de stages est une solution concrète pour sortir de cet enfermement, qui rend l’école, à terme, statique.
les stages participent de la vitalité du club : en permettant aux instructeurs de se former régulièrement, et donc en enrichissant le matériel disponible ; en apportant de la variété, en ponctuant les rythmes des cours ; en s’ouvrant vers des rencontres et des échanges…
Ils font partie de l’animation du club et en donnent une image positive tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Une visibilité nationale

De stage en stage, la notoriété du club augmente. La qualité de son accueil et de son organisation, la motivation et l’enthousiasme des participants, sont aujourd’hui reconnus. Ce qui nous permet d’établir des contacts avec de plus en plus d’intervenants potentiels mais aussi de clubs, susceptibles de venir nous visiter à ces occasions.
Chacun de ces événements est une occasion d’apparaître sur les forums consacrés aux arts martiaux, les sites spécialisés, et les sites fédéraux.
Les compte-rendus et photos du stage viennent ensuite enrichir notre site internet, participant de son succès.

Les stages forment donc aussi une excellente publicité pour le club.

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24
Nov
13

Stage Kali Eskrima dirigé par Thomas Roussel, Montpellier, Novembre 2013

Guro Thomas Roussel (Kali Eskrima Full Instructor, Champion du monde d’eskrima sportive, 5e dan FFKDA, expert fédéral AMSEA) a une nouvelle fois accepté notre invitation pour diriger un stage à Montpellier.

Ou, pour être plus exact, c’est à Palavas-les-Flots, que les vingt-cinq participants se retrouvèrent pour 8h de stage martial et intense. Et pour cette édition, il s’agit une nouvelle fois d’un groupe très hétéroclite qui réunit des pratiquants de Kung Fu, de Aïto, de Yoseikan, de Wing Tsun, de Kali… venus de Cannes, Cavaillon, Montpellier, Béziers… une mixité martiale et humaine très enrichissante qui rehausse la saveur de ces événements, déjà fortement marqués par la qualité de l’instructeur.

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Pour ce week-end, Thomas et moi avions convenu d’un programme resserré avec 1 thème par jour (contre 2 ou plus les années précédentes), afin d’approfondir la richesse et la finesse du travail plutôt que de s’éparpiller. Mais, et c’est un des avantages des Arts Martiaux Philippins, cela n’empêchera pas Thomas de démontrer les liaisons avec les autres secteurs, comme il rappelle lors des exercices à mains nues, les principes issues du travail au bâton ou au couteau.

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Les 4 heures du samedi après-midi furent donc consacrées au travail couteau contre couteau. Avec comme souvent dans les Arts Martiaux Philippins, essentiellement un travail d’éducatifs à deux, en dynamique, qui nous ont permis d’améliorer notre compréhension/appréhension de la lame, notre fluidité, notre capacité à enchaîner. L’idée étant, non pas un travail directement de self-défense, mais plutôt de se familiariser avec les capacités offensives d’une lame, les distances, le timing…
Chaque ‘duo’ pouvait travailler à son rythme, à son niveau. Et comme je suis joueur, et que mon partenaire du week-end l’était aussi…nous avons échangés de nombreux bleus, mais toujours avec bon esprit et dans la bonne humeur.
Drill, défenses et contre-attaques, contres de contres, contrôles en utilisant le ‘punio’ (la pointe de la poignée) pour finir par Hubud Lubud et nombre de variations. Comme je le disais, un journée très riche, mais en même temps très logique et cohérente, ce qui permit de mémoriser une grande partie des exercices.

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Bon, le réveil dimanche matin fut difficile, je ne vous le cache pas. Et pourtant les vaillants stagiaires, malgré la pluie menaçante (encore) et une température bien basse, étaient bien rassemblés dès 8h30 devant les portes de la salle de sport, prêts à en découdre à mains nues.

Ce fut pour ces nouvelles 4 heures de stage, le Pangamut qui fut à l’honneur, toujours sur un principe de travail d’éducatifs à deux (et notamment à nouveau Hubud Lubud). Là encore, Thomas nous a proposé plusieurs solutions face à la situation initiale, d’abord contre jab, puis contre jab/cross, tout en laissant une plus grande liberté sur les finalisations, et les transitions selon les différences de taille et le bagage martial initial du pratiquant. Tout en illustrant le parallèle du travail à mains nues avec les techniques FMA (Filipino Martial Arts) avec armes, et en montrant des solutions spécifiques des arts martiaux philippins, Thomas insiste surtout sur la logique des principes, ne contraignant pas les participants si un mouvement leur est plus naturel qu’un autre. Autant dire que si certains était encore une fois très appliqués et studieux, certains ne manquèrent pas d’apporter fréquemment leurs touches personnelles et leur enthousiasme dans les amenées au sol et les contraintes… et encore plus de bleus. Mais je vous mentirais si j’écrivais que cela ne fait pas du bien de pouvoir ainsi faire un travail technique tout en pouvant appuyer (puis accepter de recevoir à son tour) en bonne entente avec son partenaire.

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Ce fut donc un excellent week-end, et l’occasion pour de nombreux instructeurs présents de redevenir élèves, une opportunité essentielle à mon avis, avec l’échange, pour tout pratiquant avancé en arts martiaux.

Un grand merci à Thomas Roussel pour son enseignement sa disponibilité, un grand merci aussi à tous les participants, et un big up à Stéphane Valleix pour la qualité de ses couteaux d’entraînement en aluminium et le don qu’il a fait à cette occasion à la Croix Rouge pour les sinistrés des Philippines.

 

10
Nov
13

Sacs de Transport Kali Eskrima

Pouvoir transporter ses armes de chez soi à son lieu d’entraînement est un soucis à la fois d’ordre pratique et légal… et parfois même esthétique.

D’un point de vue pratique, vous devez pouvoir emporter la majorité des accessoires nécessaires à votre pratique sans multiplier les ‘contenants’, sans que ce soit un vaste bordel, tout en maintenant un certain confort de port (notamment si vous vous déplacez à pieds ou par les transports en commun).

D’un point de vue légal, vos armes doivent être cachées à la vue, non immédiatement identifiables, et non immédiatement accessibles (notion relative lors d’un port en bandoulière).

D’un point de vue eshètique… bon peut-être qu’il n’y a que moi que ça dérange d’avoir ‘ l’air d’un sac ‘ quand je traverse la ville en direction de la salle.

Une fois acheter la première paire de stick pour la saison, certains pratiquants se satisferont de glisser les bâtons de 70cm en travers de leur sac de sport, entre les chaussures et les protège-tibias. Mais, il faut déjà avoir un grand sac, et même là il s’en retrouve vite difficile à fermer, voire déchiré.
D’autres choisiront de tenir la paire de sticks en main, faute de place dans le sac… pas toujours pratique, et rappelons le… illégal (bon, d’un autre côté je n’ai jamais du aller chercher un élève au poste… pour l’instant). Et cela se complique quand vous devez transporter plus d’un paire…

Je vais me permettre ici de partager avec vous certains résultats de mes propres recherches.

Tout d’abord il y eu le sac d’armes pour Aikido (trouvé à Décathlon), raccourci avec mes maigres talents de couturier, puis le sac fourni avec une paire de sticks un peu chère :
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Les deux font dignement leur office, avec l’avantage de pouvoir être portés en bandoulière sous un sac à dos. Mais la capacité d’emport se limite à deux sticks et un couteau (bon, un peu plus pour le sac Aikido recoupé).

Puis je suis tombé sur un sac de transport de trottinette (marque Airwalk, trouvé à 25 euros chez Go Sport).
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Avec ses 75cm de haut, 18cm de large et 10cm d’épaisseur, d’excellentes dimensions pour des objets de 70cm de haut (un peu juste pour les sticks de 74cm).

Les + :
On peut emporter un bon nombre de sticks dans ce sac, et y fourrer aussi des couteaux d’entraînement, voire une pochette souple format A4 un peu roulée. Pour certains entraînement j’ai réussi à y faire cohabiter mes bâtons, une serviette, une coquille et deux gants de hockey emboîtés l’un dans l’autre (mais c’est juste).
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La zip sur toute la hauteur, décalé sur le côté ce qui permet les deux poches supplémentaires sur le dessus est une bonne idée. Dommage que les poches soient en mesh, sans fermeture.
La sangle munie d’une renfort pour le confort sur l’épaule est aussi un plus. Et avec un peu de couture j’ai pu ajouter deux passants molle pour pouvoir fixer une pochette TOE afin d’avoir devant moi et accessible un emport pour mes papiers, mon téléphone, mes clés, un stylo.
Un excellent choix à ce prix.

Les – :
Les coutures sont fragiles, surtout si on se laisse emporter par sa capacité. J’ai du jouer du fil et de l’aiguille plusieurs fois.
Le choix du mesh ouvert pour les deux pochettes avant.

Mes recherches m’ont mené à acquérir deux sacs chez Kali Gear, fournisseur en ligne de nombreux articles pour le kali Eskrima (principalement Pekiti Tirsia), avec notamment des Kerambits de toute beauté (enfin si l’on goûte l’esthétique des armes blanches).
Les prix sont raisonnables pour une qualité indéniable, mais les frais de port vous assassinent (55$ pour deux sacs et deux couteaux de training).

Le premier modèle, que je nommerai ‘La grande trousse’ est proposé à 35$.
Fabriqué en tissu cordura, la finition est impeccable. 80cm de haut, 12cm de diamètre.
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On appréciera particulièrement le renfort d’épaule sur la sangle de port réglable, avec ses passants pour ajouter des accessoires et ses anneaux.
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les + :
Pour un petit format, très agréable à porter en bandoulière, il possède une étonnante capacité d’emport. J’ai pu transporter 10 sticks, un couteau, ma pochette de cours et ma paire de feiyue sans soucis hier. On sent à peine le sac malgré le poids. Je ne le referai pas trop souvent pour ne pas martyriser les coutures.
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Un look sobre mais pratique.
La facture semble solide, avec un fermeture éclair de qualité et des bouts renforcés. A confirmer dans le temps.
L’absence de poche peut se compenser par l’ajouter d’une pochette ou plusieurs pochettes sur la sangle.
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les – :
J’en vois peu dans ce format… à part peut-être qu’il me semble difficilement compatible avec le port jumelé d’un sac à dos…quoi que.

Je dirais que c’est un excellent choix pour aller à l’entraînement.
Il est par contre moins adapté si l’on doit transporter beaucoup d’accessoires, comme quand on dirige un stage ou un cours pour des élèves n’ayant pas de matériel.

Donc, pour le cas où vous souhaiteriez un emport plus important d’accessoires, ainsi qu’un rangement plus pertinent.

Il y a le Master Duelling Case :

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Un peu plus encombrant que les précédents, mais très bien conçu pour un port agréable. Il est lui aussi réalisé en tissu cordura, et là encore les finitions sont impeccables.
Son prix ? 78 $. Un petit investissement, surtout avec les frais de port.

Les + :
Ses rangements intelligents pour un capacité de transport très importantes :
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Vraiment bien pour une démo ou un cours/stage avec plusieurs secteurs de travail (stick, couteau, épée,…) abordés.
Il bénéficie de la même sangle bien étudiée que le modèle précédent.

les – :
Trop volumineux et divisé pour un usage de cours standart. On ne peut pas, par exemple, y glisser un t-shirt de rechange (ou alors a version déshydratée que l’on trouvait à une époque) avec sa paire de stick.
Il reste donc d’un usage limité à certaines situations. Mais pour mes entraînements solo, où je change plusieurs fois de secteur de travail, où j’ai parfois besoin de prendre des notes, il pourrait bien s’avérer le plus pratique. Idem pour les déplacements en stage.
Le prix reste un frein.

20
Oct
13

Stage ACDS TAIMN avec Philippe Perotti, Lyon 19 octobre 2013

J’ai eu le plaisir, grâce à l’invitation de mon ami et professeur Thomas Roussel, de participer à un stage animé par Philippe Perotti, moniteur à l’ACDS. Cette association présente dans plusieurs pays d’Europe, l’Académie Citoyenne de Défense en Situation, regroupe un certains nombre de moniteurs qui proposent des modules de travail et réflexion sur la Self Défense : Sécurité Personnelle, Face à l’Arme Blanche, Techniques d’Action Immédiate à Mains Nues.

C’est ce dernier module que nous avons pu découvrir et expérimenter durant ce stage de près de six heures, avec un intervenant très expérimenté et de très grande qualité, assisté par deux autres moniteurs ACDS tout aussi performants et précis dans leur pédagogie.

C’est donc par un jour plutôt très agréable sur Lyon que nous nous sommes retrouvé, une bonne trentaine d’entre nous, devant le Club du Rhône, rue de l’épée (ça ne s’invente pas).

Venant de styles et d’écoles très variées (ACDS, Kali Eskrima, Krav Maga, Boxeurs…), il s’agissait pour la grande majorité de pratiquants expérimentés, hommes et femmes, au vu de l’aisance dans les déplacements et les techniques.
Mais voilà le premier point abordé par notre hôte de la journée, Phillipe Perotti, La SELF DEFENSE se n’est pas la technique, mais Le PRINCIPE, et avant tout Le NON COMBAT.
Bon, autant vous dire qu’à moins d’avoir un ego surdimensionné (ou beaucoup trop de neurones grillés), vous voilà ravi d’apprendre que ce, néanmoins fort sympathique, gaillard soit pour le non combat (même si en fait cela recouvre aussi l’idée de frapper avec détermination et violence si nécessaire avant de rompre rapidement pour fuir le lieu de l’agression).

Il s’agit de bien faire la différence entre le combat ritualisé (encadré de règles) et choisi (le ring, le dojo, …), et la réaction à une agression dans la rue, non choisie, sans règles, avec potentiellement une personne à protéger ou un bras dans le plâtre, tout en considérant les conséquences juridiques de nos choix.

Tout au long du stage, cette approche très pragmatique sera répétée, répétée et encore répétée, commentée et explicitée par l’exemple parfois… mais surtout très explicite dans la construction de la pédagogie et la simple efficacité des solutions (exercices) proposés et travaillés.

Tout naturellement donc, le premier drill consiste à évoluer naturellement dans la salle en se bousculant (souvent). Il s’agit alors de se tourner vers la personne en présentant ses mains devant soi en signe visuel d’excuse, et en y ajoutant le verbe, poli, « excusez-moi monsieur », tout en ‘glissant’, c’est à dire s’éloigner.
Ce drill, et les nombreux autres par la suite, ne dure pas très longtemps. Il est simple, facile à comprendre, même si, comme pour tous les autres, il a mérité une opportune correction.

24 drills, ou exercices, ont donc été travaillé, avec une courte pause d’une demi-heure. Je ne vais pas ici vous en faire la description détaillé. Ce qui me semble important c’est qu’il s’agit de ‘briques’ simples que l’on peut assembler selon notre ressenti personnel, ou notre appréciation de la situation en cours. Les ‘techniques’ sont peu nombreuses, le détail n’y a pas d’importance (au sens du détail technique longuement travaillé en dojo… est-ce que je donne le coup de poing comme ça ou comme ça ?), plus important sont les cibles choisies, se protéger dans un premier temps, la capacité à parler en frappant, ouvrir son champ visuel, ‘glisser’ dès que possible.

On travaillera d’abord en Réactif : l’agresseur prend l’initiative de l’attaque. Puis dans une deuxième partie du stage en Proactif : je prends l’initiative de l’attaque. D’abord contre 1 agresseur, puis contre deux, puis trois.

Enfin, Philippe Perotti nous propose deux techniques de soumissions d’un individu (agresseur que l’on a réussi à maîtrisé et que l’on veut garder dans l’attente des forces de l’ordre/secours), avec d’abord une clé de jambe puis avec un entravement des deux pouces à l’aide d’une cordelette de paracorde (un lacet). Là encore, rien de compliqué, mais des techniques simples et efficaces qu’il suffit de retravailler un petit peu pour en améliorer l’efficacité et l’application rapide.

Pour finir, des couteaux ‘trainer’ sont distribués aux participants pour trois exercices face au couteau. Le premier consistant à identifier et se dégager au plus vite en alertant, le second, si l’on n’a pu voir la lame, consiste à adopter le comportement le moins dangereux possible pour permettre à l’agresseur de prendre ce qu’il souhaite et nous laisser partir (tout en récoltant un maximum d’informations). Cette approche peut paraître difficile aux pratiquants que nous sommes… Comment pas de dégagement en frappant aux parties et en désarmant l’adversaire ?!!! Mais quid de mon fameux coup de pied dans la main !!! Et pourtant, l’expérience du terrain des moniteurs de l’ACDS, les très nombreux cas concrets qu’ils ont étudié, et l’expérience du métal froid (même d’un trainer) sur votre carotide (ou fémorale) vous convainc assez vite du bien fondé de la méthode (si vous aviez un doute).
Ce qui ne veut pas dire que les moniteurs ACDS, très expérimentés avec l’arme couteau, n’ont pas de solutions de sorties à proposer. Ce fut l’objet du dernier drill… mais c’est notre choix d’agir alors… en acceptant les conséquences possibles.

Ceci ne remet nullement en cause notre pratique sportive ou martiale (moderne, traditionnelle, mixte, etc…), mais une bonne piqûre de pragmatisme et de considération de la situation et de ses conséquences. Un excellent stage, dans d’excellentes conditions… une journée parfaite quoi.

Pour plus d’informations sur l’ACDS :

http://www.acds-fr.org

http://www.acdsbelgium.org

http://www.acds-ch.org

11
Oct
13

Stage Kali Eskrima dirigé par Thomas Roussel, Montpellier — novembre 2013

L’école AWTEA Montpellier reçoit à nouveau Guro Thomas Roussel, 5e dan FFKDA, expert fédéral AMSEA, instructeur chef des écoles Ahuapan et Champion du monde WEKAF, pour un stage de deux modules de Kali Eskrima.

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Samedi 16 Novembre de 14h à 18h : Couteau (possibilité de prêt de couteau d’entraînement sur place)

Dimanche 17 Novembre de 9h à 13h : Panantukan (travail à mains nues du Kali Eskrima)

Ce stage est ouvert à tous et à toutes, tous niveaux.

Salle de sport de l’Espace Aqua’titude, Piscine de Palavas, avenue Brocardi (34) Palavas-les-Flots. Parking gratuit. Accès facile depuis l’autoroute A9. Nombreux hôtels à proximité.

Participation aux frais : 30 euros / 1 jour — 40 euros / 2jours

Renseignements et réservation : greg@wingshun.fr

01
Sep
13

Stage Experts Fédéraux FFKDA

C’est la seconde année que ma curiosité me porte à m’inscrire aux stage national des experts de la Fédération Française de Kali… oups… Karaté et Disciplines Associées. Cette manifestation a notamment le bon goût de se dérouler à Montpellier.

C’était l’occasion pour moi de découvrir le nouveau Pôle France, dont la construction s’est achevée au début de l’été et qui accueille les entraînements des équipes de France, les locaux de la Ligue Languedoc Roussillon, et un certain nombre de stages et formations (notamment le CQP). Il faut avouer que c’est un bien beau bâtiment, habillé de bois, disposant pour l’instant d’une très spacieuse salle… pour l’instant car il est question de quelques aménagements futurs. Seul bémol, la taille très insuffisante des vestiaires pour une manifestation comme ce stage national. Car nous devions être entre 250 et 300 pratiquants.

Pour ceux qui ne les connaissent pas les ‘experts’ sont Bernard Bilicki , Jean-Pierre Lavorato, Serge Chouraqui, Dominique Valéra et Hiroo Mochizuki, tous 9e dan FFKDA aujourd’hui.

Je prie par avance les puristes de m’excuser. Etant un pratiquant de Wing Tsun et de Kali Eskrima, j’aurais du mal à vous décrire les techniques et les allusions aux katas sans faire d’énormes bourdes ou fautes d’orthographe. Je puis par contre rendre compte du travail et de l’ambiance qui ont animé ce stage où je ne regrette nullement de m’être rendu.

Vendredi :
Après un accueil tonitruant des stagiaires par Giovanni Tramontini, qui excelle chaque année dans l’exercice d’animation du stage (souvent secondé en cela par Dominique Valéra et Hiroo Mochizuki), c’est Bernard Bilicki qui a ouvert le bal. Le travail a porté sur des bunkais, que je traduirai pour ma part par ‘enchaînement codifié’ sur une attaque donné (et si j’ai bien compris, phases de certains katas). J’ai eu le plaisir de travailler avec mon ami Fatah Sebbak, dont la situation en fauteuil roulant a ajouté à l’exercice proposé un travail d’adaptation très créatif.
Après une courte pause et la fouille du sac pour trouver nos gants, nous enchaînons avec Dominique Valéra (c’est le cas de la dire  !) sur un travail pieds/poings dynamique, rythmé par l’humour du monsieur qui impose le respect par sa compétence et sa vigueur. Beaucoup de transpiration et de plaisir.
L’après-midi, Jean-Pierre Lavorato nous propose un travail très technique et très intéressant avec un soucis du détail du déplacement pour gérer des attaques venant de plusieurs angles. Très logiquement l’exercice se terminera à 5 (1 au milieu, un partenaire dans chaque direction).
Et pour finir la journée, Serge Chouraqui attaquera très rapidement sur un travail plus vif de Jyu Ippon Kumite qui nous laissera en fin de séance contents mais fourbus.
Parmi les lignes directrices que je dégage de l’ensemble des interventions je citerai, une certaine liberté sur la posture (haute, mediane ou basse) avec parfois des allusions à des positions plus ‘naturelles’ (ce qui forcément, en tant que pratiquant de kali, me parle), une insistance sur ne pas armer le bras (ou ne pas ‘réarmer’), l’utilisation de la main qui est devant pour contrer (avec des gestion du jab adverse qui me parlent encore de Panantukan) et une forte notion de stratégie pour attirer l’autre, absorber et jouer avec les distances (jusqu’aux coudes et genoux)… travail des liaisons.

Samedi :
Le matin commence cette fois-ci avec Jean-Pierre Lavorato qui construit à nouveau un cours très intéressant et utilisant certains éléments de déplacement travaillés le jour précédent. Serge Chouraqui prendra d’ailleurs la suite dans le même esprit une continuité dans la pédagogie, ce qui permet de rentrer plus rapidement dans le vif du sujet, d’autant qu’il est dense. Ça va vite, je ne suis pas forcément à l’aise avec toutes les techniques (un peu trop de mawashi geri hauts pour moi), mais c’est entraînant, et l’instar de mes 250 camarades, je me donne à fond.
Francis Didier, président de la fédération a profité de l’opportunité de la réunion d’un si grand nombre de professeurs, responsables et hauts gradés pour se livrer au jeu des questions/réponses avant de nous libérer pour manger.
La pause de midi avec mes camarades karatéka (que j’ai rencontré au DIF il y a deux ans) est une moment convivial très appréciée. Et c’est aussi pour les retrouver que je m’étais inscrit.

stage_national_ffkda_01
Nous revenons presque en retard sur le tatami pour le cours de Karate Defense Training de Bernard Bilicki. Bon… la démarche est intéressante, certaines techniques sont carrément tirées du kali(ou d’autres arts qui ont les mêmes principes… je parle de ce que je connais), je suis dubitatif (forcément) sur certains choix (comme tourner le dos à l’adversaire pour lui mettre un coup de pied, quand on lui tient le bras). Mais ce cours a le mérite de faire travailler des contrôles et des amenées au sol dont mes camarades semblent être frustrés dans leurs cours habituels.
Nous finissons la journée avec Dominique Valéra. Nous remettons les gants pour une nouvelle séance intense d’enchaînements de contre et contre-attaques avec gestion de la distance. Un vrai plaisir, malgré la fatigue qui commence à se faire sentir.

Bon, je n’ai pas pu participer au repas du soir pour raisons familiales… apéro, paëlla, performance de chant des experts (avec un big up pour B. Bilicki) puis open bar… autant vous dire que j’étais plus frais que l’ensemble des stagiaires le dimanche matin.

Comme l’année précédente, c’est Hiroo Mochizuki qui clôture le bal. Et encore une fois, ce très grand monsieur des arts martiaux, très attachant, nous a captivé de bout en bout, proposant amenées au sol, feintes et contre-attaques peu conventionnelles, assez éloignées de mon travail habituel et pourtant qui poussent à la curiosité et à la réflexion.

Nous étions assez peu nombreux a représenter les disciplines associées, quelques personnes du Krav Maga, un pratiquant de Vovinam Viet Vo Dao, un solide groupe de Yoseikan Budo et quelques gens du Kempo (et moi-même). Mais loin d’être mis à part, l’accueil est très chaleureux et les karatékas n’hésitent pas à nous proposer de travailler ensemble.
Un excellent week-end pour entamer la nouvelle saison, tant en terme de pratique que de renouvellement de contacts avec les instances de la fédération à laquelle nous appartenons.

24
Août
13

Harpoon

Harpoon
Roman de C.W. Nicol (1987)

harpoon

Depuis leur poste d’observation, perché sur les falaises qui surplombent la mer, un vieil homme et un enfant surveillent l’horizon aux premières lueurs de l’aube. Le vieillard n’a plus sa vue d’antan et doit se reposer sur son jeune compagnon pour repérer les signes, la présence d’une baleine. Depuis des générations la famille du vieux Toumi, guettent les cétacés pour les baleiniers du village de Taiji. Et bien que ses yeux aient faibli, personne ne pourrait mieux que lui interpréter les indices et prévoir les mouvements du ‘poisson courageux’, ni enseigner au garçon comment scruter la mer et respirer comme une baleine, penser comme une baleine.
Quand un voyageur portant deux sabres surgit soudain et s’assoit près d’eux, les deux pêcheurs sont d’abord effrayés.

Nous sommes en 1846 au Japon. Depuis plus de deux cents ans le régime du Bakufu Tokugawa régit très strictement les relations entre les classes de la société. Les guerriers, les bushi, ont droit de vie et de mort sur les classes inférieures, et à leur tête, le Shogun, surveille les seigneurs, pour la tranquillité de l’Empereur.
Tout comme la tradition et les enseignements des anciens définissent chaque geste, chaque métier, les lois déterminent la place de chacun, ses voyages, ses constructions…

Pourtant s’annoncent des bouleversements profonds, avec pour détonateur la menace des flottes marchandes occidentales. Chaque année les vaisseaux de ces ‘barbares poilus’ s’enhardissent, bien décidés à percer l’isolationnisme japonais, quitte à établir ces rapports commerciaux par la force.

Tokugawa et marins occidentaux, voilà qui suffit à rapprocher Harpoon d’un autre roman, très populaire, le Shogun de James Clavell — dans la sonorité des titres même.
Et qui n’a pas appris ses premiers rudiments de japonais des lèvres de la belle dame Mariko ?
Au côté d’Anjin-san, le pilote anglais, Clavell nous faisait découvrir les beautés et la cruauté du Japon féodal à l’heure de l’avènement du premier Shogun Tokugawa. C’est auprès de deux héros japonais que Nicol choisit lui de nous dépeindre les dernières années de ce shogunat, le retour au pouvoir de l’Empereur et la fin des samourai.
Ainsi de la rencontre improbable de Jinsuke, jeune baleinier de Taiji, et de Matsudaira Sadayori, noble officier au service du seigneur de Kii, naît un roman haletant, ponctué d’intrigues politiques, de combats épiques et d’images du Japon comme autant de pages d’un carnet de voyage.

Mais plus qu’une peinture historique précise et délicate ou un roman d’aventures, Harpoon est une œuvre marquée par la ‘transmission’ — comme l’annonce très clairement sa scène d’ouverture.
Jinsuke, fort et courageux, aspire à remplacer un jour son père comme chef harponneur du village. Takigawa, le vieux peintre des bateaux de Taiji, espère marier sa fille à un second né, pour l’adopter et faire perdurer son nom et son art. Sadayori, inspectant les côtes de la province de son seigneur, inquiet d’une invasion étrangère, reprend d’une certaine façon l’œuvre de son grand-père qui réorganisa l’armée et la sécurité du Japon en son temps.
Tout au long du roman il sera donc question de transmission, du maître à l’élève, du père au fils, du nom, du savoir, de la tradition ou de la modernité, et enfin du Japon de la classe guerrière des bushi à celui de l’Empereur Meiji et de l’armée de conscription.
Et ainsi les derniers samourai, compagnons de Saigo Takamori, s’apprêtant à donner leur ultime charge contre la nouvelle armée impériale, diront :
— Pour une bande de paysans et de boutiquiers ils se sont bien battus, non ? Je crois que nous pouvons partir confiants : après notre départ le Japon sera tout de même en de bonnes mains. »

Et l’enseignement des arts martiaux ne manque pas à l’appel, comme une partie intégrante du Japon lui-même. Sadayori, pratiquant émérite, s’essaye ainsi aux styles Yagyu Shinkage Ryu et Ono Hai Ryu, styles officiels des écoles de sabre du bakufu, ainsi qu’au jujitsu. Il fréquente encore le Shinto Mumen Ryu, enseigné dans un dojo d’Edo où se mêlent samourai de basses extractions et fils de boutiquiers. Puis au détour d’un affrontement amical, entrevoit le style Niten de Musashi.
Mais c’est loin de la capitale, à Okinawa, que Jinsuke sera quant à lui instruit dans les techniques du karate et le maniement du saï.

Alors filez sur les vagues avec Jinsuke à la poursuite du ‘poisson courageux’ ou protégez votre navire contre les pirates chinois… transpirez avec Sadayori dans la pratique du sabre de bois ou jetez votre fourreau pour courir sous les balles…

L’auteur : Né au pays de Galles, C.W. Nicol s’est installé au Japon où il vit avec sa femme et sa fille. Il y a étudié longtemps le Karaté, a écrit de nombreux ouvrages en anglais et en japonais et s’efforce de préserver la forêt japonaise en harcelant les autorités, espérant ainsi transmettre un patrimoine aux générations futures…




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